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Dossier THE APARTMENTS :
Concerts Peter Walsh
Drift, par Sylvain
Drift, English version
Sylvain :
Bilan années "00"
Viking Dress
Morrissey
The High Llamas
The Undertones
Ladyhawke
Metronomy
Arab Strap
Mogwai
Chromatics
Martyn Bates
The Smiths : 1 / 2 / 3
Bob Mould
The Essex Green
Ladybug Transistor
Blondie
Marion & Sylvain :
The Millennium
Frédéric :
S.Walker & R. Orbison
Stephen Duffy
The Smiths
Arnaud :
Felt
Dylan
David :
Arab Strap
Julien :
Art
Brut
Roddy Frame
The Jam
Orange Juice
Paul McCartney
Graham Gouldman
Ian Broudie
BMX Bandits
The Lucksmiths
The Impressions
Louis Philippe
Michael Head
Squeeze
Guillaume :
Arthur Russell
Barzin
Mount Eerie : 1 / 2
Women & Children
Old Time Relijun
Yo La tengo
Os Mutantes
The Ruby Suns
Antoine :
LCD Soundsystem
No Age
Sunset Rubdown
The Mekons
Deerhunter
Cyril :
Cardinal 1 / 2
The Moles
Johnny Thunders
The Modern Lovers
Bob Dylan
Ramones
Emmanuel :
Outkast
Brian Eno
Paul McCartney & Wings
Invités :
Robert Forster (Ian)
Chet Baker (Gilles Tordjman)
5°) Sur Accidents never happen (in a perfect world), la première fois que Debbie Harry prononce « ... in a perfect world », son timbre se voile. C'est d'autant plus
troublant, que cette voix produit d'habitude une majorité d'effets de surface, avec la dureté et les reflets, par exemple, du formica. Donnant d'un seul coup plus de réalité au reflet qu'à la
surface, comme absorbée par la contemplation sur la table de ce jour inversé, ouvert sur le vide, Deborah Harry « interprète ». Elle le fait avec des sentiments (la compassion...)
repris du monde ancien, et selon les inflexions vocales de chansons en noir et blanc qu'elle est précisément en train de périmer - les ramenant sans prévenir dans un monde de matières
synthétiques et de couleurs tranchées. In a perfect world...
6°) Les « clips » d'Eat to the Beat, premier album de l'histoire commercialisé avec des vidéos, présentent une chanteuse isolée, soit par la disposition spatiale, soit par le
port d'un costume bien particulier de ses trop nombreux musiciens : cinq gars en baskets tournant sur eux-mêmes, produisant un mouvement aussi continu que lointain. Cette donne de départ -
l'inaccessible créature régnant sur son sérail masculin - prend acte d'une séparation réelle, venue de la « vie », épousant notre toute première pensée (Comment font-ils pour ne pas
mourir d'amour pour elle ?) Le groupe ne cherche pas à mentir ; c'est même en exposant avec une inattendue transparence les différentes pièces du dossier (Alors voilà où nous
en sommes), qu'il parviendra à retourner les cartes une à une, jusqu'au twist généralisé. Pour commencer, l'évidence même d'une mise en scène, en accentuant la séparation entre elle
et eux, la corrige également - signalant l'entente tacite et le plan bien mûri. Blondie apparaît comme une création collective. A l'image de la guitare, chacun prend en charge une partie
du décor (par le son) et de la danse (par le jeu). L'artifice et le glamour, en se concentrant sur un personnage assumé par tous, libèrent Debbie de la charge de les incarner. A l'inverse de
Ziggy Stardust, dont l'apothéose sacrificielle, en 1972, ne révélait que la vacuité mentale voire la turgescente bêtise de Bowie, la « personne » qui est ici suggérée, celle qu'on
regarde juste en premier parce qu'elle produit la voix donc le mystère, se montre intelligente, généreuse, sympathique. Sous la star, l'adorable voisine. Et ce sont les garçons, au départ
victimes désignées, qui bientôt apparaissent en médecins de carnaval limite sadiques, prêts à porter assistance, mais sans cesser de danser, à une femme se tenant au point d'équilibre de son âge,
au feu de sa beauté. Alors, selon qu'on y entendra Blondie ou Debbie, la dernière ligne de l'album résonnera comme la revendication un peu hautaine d'une solitude recherchée dans l'onirisme, ou
comme l'humble acceptation de la mort et de son lent arrachage : « I'm not living in the real world... / No more... No more... No more... / No more... No more... No
more... / No more... No more... No more... »
7°) 2008. Je me relis sur un écran, dans un café où il y a la radio. J'entends des voix féminines, c'est le R'n'B de la FM. Un très petit nombre de chansons, conçues pour l'apprentissage par les
filles de leur condition d'esclaves, rediffusées toutes les deux heures, toute la journée, chaque jour. Aucune ligne droite, enfer circulaire, macération de l'auditrice dans son jus de douleur et
de frustration. « Je voyais déjàààà-ahah / l'avenir dans ses braaaas », ou comment s'accuser (toutes les deux heures) de s'être vue trop belle. Mais la morale est sauve :
l'homme « avait les mots ». Ouf, on a failli croire que c'était le corps qui avait parlé. Non, vis-à-vis de tout ce qui est muet et pourtant travaille le corps (le désir en
soi, le regard de l'autre sur soi, le temps qui agit sur soi et sur l'autre), la jeune femme se croit libre. C'est pour cette raison qu'elle ne souffrirait pas de connaître trois minutes, dans ce
corps-là, un état de libération. J'ai avec Sheryfa Luna un gros problème de chanson-type.
Nouvel album
de Josh Rouse
en écoute :